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Genre
Au Brésil, des chanteuses haussent le ton contre la transphobie
 

Au Brésil, pays qui détient le triste record de meurtres de transgenres au monde, des chanteuses utilisent la musique pour s'affirmer et tenter de faire bouger les consciences.

 
 
 
 

Selon l'ONG Transgender Europe, 123 trans ont été tuées au Brésil d'octobre 2015 à septembre 2016, près de la moitié du total de 295 homicides dans le monde entier. Une violence dénoncée par de nombreux militants, comme ces chanteuses qui ont décidé de sortir du silence et défendre leur identité au grand jour malgré la transphobie.

Nées de sexe masculin, elles s'identifient au féminin et ont en commun la musique comme outil pour combattre les préjugés.

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Survivante

Camila Monforte est née au Complexo do Alemao, une des favelas les plus violentes de Rio. Expulsée de chez elle à l'adolescence, elle s'est prostituée pendant deux ans pour survivre, près de la gare Central do Brasil, rendue célèbre par le film de Walter Salles (1998). À 30 ans, elle vit aujourd'hui à Sao Paulo et se produit dans des concerts de funk brésilien sous le nom de MC Trans.

"J'ai toujours su qui j'étais depuis l'enfance, en tant que trans et en tant qu'artiste. À travers la musique, j'ai pu surmonter mes traumatismes, j'ai renoué avec ma famille et j'ai reconstruit ma vie", confie-t-elle.

Grâce à ses chansons sensuelles qui abordent l'univers LGBT, Camila fait fureur sur les réseaux sociaux, avec 600.000 amis sur Facebook et 5 millions de vues sur Youtube. "J'ai réussi à arriver à l'âge de 30 ans, ce qui est très difficile pour une trans brésilienne.

La plupart meurent à 25, 26 ans, à cause d'agressions ou de maladies. Je me considère comme une survivante, dans un pays si transphobique", conclut-elle.

D'après les chiffres de l'Institut Brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), l'espérance de vie des transgenres au Brésil était de 35 ans en 2013, moins de la moitié de la moyenne nationale (74,9).

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Terroriste du genre

Linn da Quebrada, 27 ans, mélange rap et funk brésilien pour "représenter les personnes marginalisées". Née dans une zone rurale de l'État de Sao Paulo, elle a été éduquée de façon très stricte par une famille de Témoins de Jéhovah.

"À 17 ans, j'ai décidé de ne plus répondre aux attentes sur le fait d'être un homme ou une femme, pour être vraiment moi-même", raconte-t-elle, après un concert dans un musée de Rio. Son style combatif sur scène l'a amenée à s'auto-proclamer "terroriste du genre". "Mon corps a été brutalisé à cause de normes que j'ai dû suivre et parfois il faut répondre avec la même violence", justifie-t-elle.

"Être une terroriste du genre, c'est assumer des risques avec son propre corps, tuer une partie de soi-même", ajoute la chanteuse. Une violence qui transparaît dans les paroles de ses chansons: "faible de corps, plus qu'abusée, je suis un cocktail molotov (...). J'ai été expulsée de mon église, parce que pour eux, une pomme pourrie contamine les autres". Pour elle, être trans au Brésil est un combat au quotidien: "Ils ne veulent pas de nous dans les écoles, sur le marché du travail, alors nous devons occuper ces espaces", conclut-elle.

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Nouveau regard

Raquel Virgina, 28 ans, et Assucena, 29, se sont rencontrées il y a sept ans à l'université à Sao Paulo. Elle ont décidé de former un groupe pour "donner un nouveau regard à la musique brésilienne, sous le prisme de deux femmes trans", explique Assucena, dont le nom de scène a été inspiré d'un personnage célèbre de telenovela.

Leur premier album s'intitule "Bixa", avec un "x" à la place du "ch" du terme "bicha", l'équivalent brésilien de "pédale", pour symboliser la neutralité de genre. Leur principale inspiration musicale est Gal Costa, icône du tropicalisme, mouvement qui a révolutionné la chanson brésilienne dans les années 70.

Les concerts de leur groupe, As Bahias e a Cozinha Mineira, remportent un succès grandissant, mais elles ont beaucoup souffert pour en arriver là. "Pendant ma transformation physique, beaucoup de gens pensaient que j'étais une prostituée", rappelle Raquel.

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Pas diva, militante

Priscila Nogueira est née Angelo il y a 28 ans à Marechal Hermes, un quartier populaire du nord de Rio. Sur la scène du funk brésilien, elle est plus connue sous le surnom de Mulher Pepita (la femme Pepita). Les paroles de ses chansons sont pleines de références sexuelles, mais n'en sont pas moins engagées.

"Je ne suis pas une diva, je suis une militante", déclare-t-elle, après s'être produite dans une boîte de nuit du centre de Rio. "Je crois que nous sommes en train de rompre les barrières des préjugés", assure la chanteuse, dont la page Facebook est suivie par plus de 100.000 internautes.

Mais ce succès ne l'a pas immunisée contre les agressions, loin s'en faut. "Quand mon premier clip est sorti, les gens m'insultaient, disaient que j'étais un mutant", se souvient-elle.

(Source AFP)


 
  
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