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 La police arrête un suspect, mais écarte la piste de haine anti-LGBT sans donner de preuves  - Meurtre d'une militante LGBT russe  
Meurtre d'une militante LGBT russe
La police arrête un suspect, mais écarte la piste de haine anti-LGBT sans donner de preuves
 

Un homme soupçonné du meurtre par arme blanche d'une militante russe des droits LGBT a été arrêté, ont annoncé jeudi les enquêteurs, évoquant un "conflit personnel" et le mode de vie "asocial" de la victime.

 
 
 
 

Le corps d'Elena Grigorieva, 41 ans, avait été découvert criblé de coups de couteaux dans la rue en début de semaine dans le sud de Saint-Péterbourg (nord-ouest), la deuxième ville du pays. Des proches avaient indiqué qu'elle avait été menacée en raison de ses activités militantes.

Dans un communiqué, le Comité d'enquête russe a annoncé l'arrestation d'un suspect, né en 1981, originaire de l'ex-république soviétique du Kirghizstan, qui avait déjà été condamné par la justice.

"Les enquêteurs ont reçu des preuves confirmant que le meurtre avait eu lieu dans le cadre d'un conflit personnel" mêlant des "gens se connaissant au préalable", ajoute cet organisme. Selon cette source, le suspect, en "état d'ébriété", aurait frappé la victime "d'au moins huit coups de couteau dans le visage et le dos", dans la nuit du 20 au 21 juillet.

Les enquêteurs soulignent que la militante "menait une vie asociale, buvait souvent de l'alcool, y compris avec le suspect".

Elena Grigorieva était une activiste locale participant régulièrement à des rassemblements en faveur de la communauté LGBT, mais aussi des prisonniers politiques. Elle militait aussi contre l'annexion de la Crimée par la Russie et pour d'autres causes.

L'ONG russe pour la défense des droits LGBT "Vykhod" (Coming Out), basée à Saint-Pétersbourg, a fait part de ses doutes sur l'enquête et demandé la publication des preuves écartant d'autres motifs de crime.

L'association a notamment évoqué le fait qu'Elena Grigorieva se trouvait sur une liste de noms publiée en juin par un mouvement russe hostile aux homosexuels.

Dans la majorité des cas, "les forces de l'ordre refusent de vérifier et de prendre en considération les motifs haineux contre les LGBT en tant que groupe social", a ajouté l'organisation dans un communiqué.

Selon un membre de l'opposition, Dinar Idrisov, Elena Grigorieva "avait été récemment victime de violences et de menaces". D'autres militants pour les droits des homosexuels ont depuis raconté avoir reçu des menaces de mort et craindre pour leur vie.

L'homosexualité était considérée en Russie comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999. Depuis 2013, une loi punit d'amendes et de prison tout acte de "propagande" homosexuelle auprès des mineurs.

Plusieurs cas d'emprisonnements et de meurtres d'homosexuels ont par ailleurs été rapportés depuis 2017 dans la république russe de Tchétchénie.

Rédaction avec AFP


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